Week-end Lot - Pâques 2018

Week-end Lot

Pâques 2018

 

Participants : Hélène, Baptiste, Loïc, Philippe, Sylvie

Vencredi 30 mars. Arrivée nocturne à Beaumat


Je fais la connaissance de l'équipe de base : Hélène, Baptiste, Loic. Trois jeunes soudés et sympa, qui, je le verrai lors des sorties, font preuve de vigilance, d'une grande technicité et de pédagogie. Bref, avec eux, sur les cordes, on se sent en sécurité. On n'est pas là pour fanfaronner ! Mais se faire plaisir en toute sécurité. D'autant que ce WE arrive avant la formation "initiateur" à laquelle ils vont s'inscrire. Ça cause corde, noeuds de 8, noeuds de chaise, demi pêcheur, fractio, spit et autre équipement pendant le WE. Ils assurent les jeunes ! Pour ma part, néophyte, je suis impressionnée et je ne capte pas tout de ces échanges.


Philippe et moi, débutants, nous nous qualifions de "boulets" de l'équipe.

Samedi 31 mars. Igue de Planagrèze


Lever tôt. Tout le monde a mal ou peu dormi. Tant pis! peu d'heures de sommeil dans les pattes : c'est parti. Il pleut, il fait froid. Bon, on sera mieux sous terre.  Premier trou : Igue de Planagrèze.



Au milieu des chênes, un trou protégé par une rambarde. Qui équipera ? C'est Baptiste qui s'y colle. Ce trou va le faire raler et bougonner. Il faut dire qu'il ne parait pas simple. Ca commence par un puits de 70 m. Et comme il pleut, en plus de l'humidité ambiante, c'est carrément la douche sur une partie du puits. Celle, bien évidemment, où l'un des spit est mort. Ca râle dur au fond. Moi qui ai commencé à descendre, je me pose des questions. Mais Loïc, juste avant moi et Hélène, juste après, me rassurent. Tout va bien.

 

Et effectivement tout ira bien. Baptiste équipe dans les règles du club. Tout en sécu.  Philippe ferme la marche. Des parisiens un peu pressés arrivent derrière. Trop pressés, ils finiront par aller ailleurs. Pendant sa descente Loïc, sous la douche froide, joue du marteau pour remettre un spit en doublon. Deux points d'accroche, tout va bien. Enfin faut le dire vite ! Pour moi qui n'ai encore tout pigé, ma confiance dans le matériel est encore toute relative, celle en mes capacité très moyenne. Je flippe ! Mes fractios s'en ressentent. Passages compliqués. Mais Hélène me coach. Il me semble que Philippe s'en sort bien mieux que moi. Arrivée au fond du  1er puits, suivi d'un passage dans des boyaux. Je me sens mieux, c'est moins vertigineux, et plus sec ... enfin moins humide...

Un nouveau puit. 40 m. Combien de fractios : 3 ? Nous arrivons en bas. Enfin ! les deux pieds au sol. A gauche, un nouveau puits. A droite, la rivière suspendue.


Séance intrigante : la navigation souterraine. Elle commence par le gonflage du bateau... Et les chadocs pompaient, pompaient... Puis embarquement, précaire, car il faut grimper sur la roche pour embarquer.  Et plouf ! De l'eau dans une botte.Baptiste se transforme en capitaine de vaisseau et embarque les boulets à tour de rôle.  Eau translucide, bleutée. Passage sous des voutes. Une première pour moi. Magique.

 


Puis les jeunes vont faire le dernier puits. Si ma mémoire est bonne, c'est Hélène qui équipe. Equipement jusqu'à l'eau et une vieille plateforme de bois noyée qui avait dû accueillir jadis des plongeurs, mais qui n'accueille plus personne depuis longtemps. Ils remonteront avec le sourire.


Pendant ce temps, les boulets restent dans une petite salle que nous rebatisons à cette occasion "salle de repos". Salle bruyante : un trou dans la roche nous apporte le vacarme d'un torrent souterrain. On dirait une ventilo taille maxi, mal réglée.

 

Enfin le repas et ses petits pochons de riz. Quelle gastronomie ! Et, moment tant attendu : un café ! Je n'y crois pas. Au gite pas de café pour cause d'oubli et ici, un café. deshydraté, mais si reconfortant ! Merci Loïc.
 


C'est reparti en sens inverse : on est descendu, il faut remonter : c'est logique au fond.
Baptiste ouvre la voie chargé de deux kits. Je le suis. En passant le premier fractio, je cafouille. Ma grande longe fait le tour de ma corde. A mi hauteur, j'interpelle Loïc et Hélène. "Je suis embêtée, est-ce que je peux...?" "NON !!!" Crient-ils en coeur. Evidemment détacher ma grande longe n'était pas la bonne solution. J'apprends donc à me longer au dessus de ma poignée.


La remontée est ponctuée de fractios qui permettent de faire des pauses. Le souffle est parfois un peu court. Hélène, Loïc et Baptiste sont chargés de kits. On dirait des sherpas de l'Himalaya. En remontant, je me crawl trop vite sur une corde, avant que Baptiste ai dit "libre". Il râle, à juste titre : en plus du chargement, je lui rajoute de la tension dans la corde. Quel boulet, je fais !!

Enfin, nous arrivons à la sortie. Un bonhomme bavard, vieux spéléo en manque, cause comme une piplette. C'est perturbant. La fatigue aidant, j'ai envie de toucher la terre ferme. Ca y est, les deux pieds derrière la rambarde. Ouf !

 


La pluie se met à tomber drue. Vite, direction voiture pour se changer ! Pour une première, c'est une belle sortie.

Le soir debrief autour d'une bière et du repas : soupe, galettes, salade de fruit et vin blanc. Tout le monde est satisfait de sa journée. Les discussions techniques vont bon train. Mais la fatigue se fait sentir. La nuit qui vient sera meilleure que la précédente. Dodo.


Dimanche 1er avril. Igue de Toulze

7h réveil. Hop ! tout le monde est rapidement sur pied. Après le solide petit déjeuner, une heure de route. Loïc nous annonce qu'il sera bougon aujourd'hui. En fait, on ne remarquera rien, plutôt si : il ne sera pas grognon. Quelques blagues pures spéléo. Toujours sur les femmes. Pour changer j'en essaie une, créée pendant  la première nuit d'insomnie ... Sur les hommes. Un peu de parité, tout de même ! Banco, elle est validée !


Plus nous approchons, plus le brouillard est dense. La vallée du Célé est noyée dans la purée.


Le trou, à 100 mètres de la route commence par un puits peu impressionnant: 6 mètres. C'est Loïc qui équipera. Je passe en 2, suivi d'Hélène puis Philippe. Baptiste clôt la marche. Après le puits, une vire en pente nous conduit à un autre plus profond. Le dernier passage avant le puits pose question. Loïc nous met une gance un peu longue. Occasion pour les boulets de tester de nouvelles techniques.

 

 


Aujourd'hui tout paraît plus simple : il fait sec, la grotte est calme, les hauteurs bien moins vertigineuses. Mon matériel me semble plus familier aussi : ça commence à rentrer.


Arrivés au fond du premier puits, un pierrier caillouteux nous attend, lègerement en dévers. Nous y trouvons deux crapaux jaunes et stoïcs. Personne ne les ayant embrassés, ils ne se sont pas transformés en prince ou en princesse. Dommage.

Après un rétrecissement, nous arrivons dans une galerie immense. 10 mètres de haut ? Fonds plat, limon sec, elle serpente sur plus de 100 ? mètres de long et nous offre une diversité d'aspects. Des concrétions en forme de méduses, empilées les unes sur les autres, des parois lisses mais striées de bandes de couleurs variées : du rouge, de l'ocre, du blanc, du marbré ... un festival de couches superposées. Ou encore de petits choux fleurs, blancs cassés, légèrement brillants. A quoi correspondent toutes ces formes et couleurs ? Quels âges de la Terre, quels évenements les ont modelés ? La roche est une énigme. Cette grande galerie, ce couloir immense et serein, nomé le métro, héberge aussi des colonies de chauves souris.

 

 

 

 

Avec Hélène nous tentons des photos. Gros plan sur ces demoiselles endormies qu'il ne nous faut surtout pas reveiller. Elles sont mignones. Le museau rose, les ailes noires, le torse duveteux. Après de multiples essais, une ou deux photos sont nettes. La photo souterraine requière de la patience.

 


Nous arrivons à une stalagmite en formation, goutte à goutte... Un boyau puis une vire. Hélène équipe : deux accroches tous les mètres : elle a besoin de rab de mousquetons. En attendant, nous mangeons et nous reposons. Au repos, le corps se refroidi. La couverture de survie est la bienvenue. La vire nous offre une roche lisse, polie et humide : une vraie patinoire. L'expérience de progression sur vire est amusante. Philippe essaie l'opposition. Avec succès.

 

Enfin nous arrivons au lac. Tiens, de nouveau les chadocs en action : ils pompaient, pompaient... Le bateau se gonfle, lentement mais surement. La pompe braie comme un âne. Embarquement ! Eau translucide, bleue et profonde. Les parois nous dévoilent des sculptures de toute beauté : éternelles méduses suspendues, stalagmites et, au fond, une colonne de la hauteur de la salle, d'un blanc immaculé aux formes douces. On dirait une fontaine de chantilly.

 


L'accès au puits suivant est impossible : le passage est trop étroit pour le bateau. Dommage. Si nous avions voulu continuer, en outre, il aurait fallu équiper depuis le navire. Personnellement, ça me semble très instable.


Retour sur la berge. La séance de dégouflage vaut le coup d'oeil : trois spéléo affalés, en tas, sur les boudins pour les dégonfler.


Tout au long de la progression et de l'équipement, celui qui râle se voit decroitre son quota de crêpes du repas du soir. Une blague et hop, une crêpe de plus. J'avais en effet promis de faire des crêpes. Il nous faut tenir les comptes.

 


Nous surveillons l'heure. Il est temps de faire demi-tour. La remontée est agréable. Au retour nous visitons une galerie latérale, qui se termine en tunel inondé. J'apercois un insecte étrange: une photo pour le souvenir. Baptiste s'approche : "ton insecte, il a deux têtes et quatre antennes!" Damned ! Ce sont deux papillons en plein accouplement ! ... Laissons les à leurs affaires.



Puis, petite pause vers nos amis crapaux. Loïc nous pose alors l'énigme du spéléo. "Alors, c'est trois nains qui vont à la mine. Le premier prend une pelle, le deuxième une pioche, que prend le troisième ?"  Bah, on en sait rien.... "alors, c'est trois nains ...". Ils ont dû nous le répéter au moins dix fois : c'est agaçant à la fin. C'est Philippe qui juste avant la remontée du puits trouve la solution. Bravo !


Nous remontons gentiment. En haut du puits, une formation calcaire ressemble au croissement d'une vèse de loup géante et d'une méduse. Ces formes pourraient inspirer des auteurs de science fiction.


Retour sur le plancher des vaches. Nous sortons avec le soleil. Hum, ses rayons sont les bienvenus.

 

 

Retour au gîte. Rangement du matériel, préparation des kits du lendemain, apprentissage des noeuds. Alors, au fait ? un noeud d'alerte plus un noeud terminal ou juste un seul noeud en bout de corde. Hélène et Loïc ne sont pas d'accord. Il y a deux écoles !

 


Ensuite bière, saucisson, douche et crêpes. Je suis vannée et éteinte. Les autres semblent encore en forme. Il épluchent le référentiel du stage initiateur. Ils sont vraiment motivés. Fin de soirée. Le lit est le bienvenu.

 

Sylvie

 

Dimanche 2 avril. Igue des Combettes

 

Entrée : 09h00 – Sortie : 12h30

Présents : Baptiste, Loïc R., Hélène et Philippe.

 

Dernier morceau de notre séjour dans le Lot. L’objectif est toujours le même : équipement et accompagnement. La petite nouveauté réside dans le fait que les « boulets » participent activement à la préparation des kits : lecture assidue du Spéléoguide et en-kitage des cordes. Les « boulets » grandissent. Assurément.

 

En ce lundi pascal, la météo est clémente (ce qui est toujours agréable pour l’enfilage des combi et du matériel !!) et elle donne du baume au cœur pour cette dernière sortie de notre périple lotois.

 

La bonne humeur est là ; enfin, on s’attend, comme il se doit, à un peu de « bougonnage » de la part de notre premier de cordée (c’est devenu un peu notre blague de ralliement du week-end). Ce coup-ci, c’est Baptiste qui débute l’équipement.

 

 

L’igue des Combettes propose un plan incliné (vaste entonnoir boueux et glissant au milieu de la végétation ) puis un premier puits. Et là rien. Pas de râlerie ni de ronchonnage. On s’inquiète. On attend un peu. Toujours rien. On s’inquiète vraiment. Pourtant, il y a de quoi gronchonner. « Tout se passe bien ? » « Oui oui ». On est presque un peu déçu … quand tout à coup ça part !!! Aaahh enfin !! La sortie peut vraiment débuter maintenant.

 

Suite à un amarrage naturel sur un arbre qui surplombe l’entonnoir, Baptiste nous propose un fractio sur le plafond de la cavité (avec margelle… mais seulement pour les grands !!! pour les plus petits, ils se débrouillent).

 

En bas de ce puits, on débouche dans une petite salle. Hélène prend la suite de la ronchonnade … euuuh… de l’équipement : amarrages pour la descente du grand puits (un P30 est prévu). Aux deux tiers de la descente, rétrécissement du puits et il faut poser un fractio. Ça ronchonne ce qu’il faut. Arrivée en bas du puits dans une petite salle caillouteuse d’où l’on perçoit le bruit de l’eau qui coure. Par un passage bas, on accède à la rivière. Et là, c’est magique. Une rivière file et bouillonne entre 2 parois distantes d’environ 1 mètre. Loïc qui est déjà venu en janvier dernier nous annonce que la rivière est plus haute que la dernière fois (aujourd’hui 50 à 60cm de profondeur). Je me lance dans un « challenge chaussettes sèches jusqu’à la fin » : il faudra bien choisir ses prises pour pouvoir voler au dessus de l’eau sans se mouiller les chaussures.

 

 

On choisit d’explorer d’abord la partie aval (dans le sens du courant c’est plus facile !!) qui s’étend sur plus de 150 mètres et se termine, pour nous, sur une cascade (environ 3m de chute). Mais avant d’arriver jusqu’à cette cascade, la rivière nous propose quelques passages étroits, des parois plus ou moins lisses et une section à désescalader (merci les gars pour la parade). Après un passage bas (avec franchissement en 4 appuis façon « crabe »… enfin 5 ou 6 appuis si les genoux ou les coudes touchent le filet d’eau), on arrive sur la première cascade (quel bruit !!). Là, je m’aperçois que j’ai le souffle un peu court. Et que le rythme a du mal à revenir. « Ç’ s’rait pas un peu… g’zé ? »… Hochement de tête des autres essoufflés ;-). Baptiste et Loïc profitent d’un équipement pérenne pour poursuivre l’exploration au-delà de la cascade. La prochaine fois, on viendra avec un peu plus de matos pour qu’on puisse tous descendre cette cascade.

 

Puis, c’est l’heure du retour… que je vous dise tout de même : mon challenge « chaussettes » n’a pas du tout été respecté, et n’a même pas tenu à la première traversée, alors la remontée de rivière se fait presque au pas de course. Retour au point de départ puis exploration de la courte partie amont de la rivière : une cinquantaine de mètres en méandre (rien de transcendant). Bref, on se retrouve en bas du puits et chacun remonte vers la surface. Le déséquipeur en chef sera Loïc.

 

La remontée est dure pour moi : je sens bien que l’enchaînement des jours commence à peser un peu sur les organismes. L’ultime remontée, boueuse, finit de m’achever… finalement mon (notre) équipement ressort tout boueux alors qu’on a été dans une machine à laver pendant plus de 2 heures !! Heureusement, le soleil radieux nous accueille pour nous réconforter.

 

L’Igue des Combettes garde encore une partie de ses secrets. Ce n’est que partie remise.

 

Philippe

 

Retrouvez toutes les photos de ce week-end dans la galerie !

 

http://www.speleoclubchatelleraudais.fr/galerie-759-week-end-lot-paques-2018.html

 

 




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